Les Contes d’Hoffmann, de Jacques Offenbach
Dans cette nouvelle production des Contes d’Hoffmann, il s’agira d’exalter l’esprit fantastique de l’opéra d’Offenbach. Il y est question de poupée vivante, de disparition d’ombre et de reflet, de personnage diabolique, de savant fou, de poète maudit, d’apparitions, de fantasmes et de métamorphoses…
Il faut donc une identité visuelle très forte pour embarquer les spectateurs dans cet univers fantastique et fantasmagorique.
La référence qui m’est venue automatiquement est purement cinématographique. Elle puise dans l’ambiance poétique de l’expressionnisme allemand, en particulier de films comme Métropolis de Fritz Lang et Le Cabinet du Docteur Caligari de Murnaü.
J’ai fait le choix de donner à ces contes le look rétro futuriste du mouvement Steampunk qui allie le 19ème siècle, dont est issue l’oeuvre, à un futur imaginaire. L’idée étant que le romantisme de ces histoires d’amours impossibles s’en trouve exacerbé et sublimé.
Des maquillages blancs qui se réfèrent au cinéma muet, un décor géométrique aux lignes Art Déco, et les personnages comme les spectateurs seront prêts à passer de l’autre côté du miroir pour entrer dans un rêve éveillé…
NED GRUJIC, NOTE DE MISE EN SCÈNE
SYNOPSIS
Prologue
À la taverne de Maître Luther, le poète Hoffmann, son ami et confident Nicklausse et des étudiants attendent la fin du spectacle de la cantatrice vedette Stella, qui se produit dans le théâtre à côté. Les étudiants demandent au poète de leur raconter des histoires pour les distraire (« La Légende de Kleinzach »). Il finit par entamer le récit de ses trois amours malheureuses sous le regard amusé du conseiller Lindorf, rival d’Hoffmann qui espère lui aussi obtenir les faveurs de Stella.
Acte I – Olympia
Le Docteur Spalanzani, inventeur, donne une grande réception — à laquelle Hoffmann est convié — pour introduire sa « fille » Olympia en société. Elle n’est en réalité qu’une poupée automate, chef-d’œuvre de l’inventeur et de son associé Coppélius. Celui-ci, après un désagrément avec Spalanzani, vend à Hoffmann des lunettes magiques qui lui font voir Olympia comme une vraie jeune fille dont il s’éprend aussitôt. Après un air chanté par la belle (« Les Oiseaux dans la charmille »), Hoffmann l’entraîne dans une danse endiablée au cours de laquelle ses lunettes et l’automate se cassent. Le charme rompu, Hoffmann dépité quitte la soirée accompagné par Nicklausse.
Acte II – Antonia
Le deuxième amour d’Hoffmann s’appelle Antonia. La jeune cantatrice a hérité de la voix magnifique de sa mère, qui fut elle aussi une chanteuse renommée, mais souffre d’une terrible maladie : elle ne peut plus chanter sous peine d’y laisser la vie. Son père Crespel, reconnaissant en elle les symptômes de la maladie qui a emporté son épouse quelques années plus tôt, lui défend la moindre vocalise et la maintient enfermée dans la demeure familiale. Hoffmann propose à Antonia de fuir avec lui afin de vivre leur amour au grand jour mais à condition de renoncer au chant. Le Docteur Miracle, un charlatan de passage, pousse cependant la jeune fille à chanter en lui faisant croire qu’il possède le moyen de la guérir, allant jusqu’à lui montrer une apparition fantomatique de sa mère défunte. Antonia finit par s’écrouler sous les yeux horrifiés d’Hoffmann, Nicklausse, son père Crespel et du valet Frantz, qui assistent, impuissants, à son chant du cygne.
Acte III – Giulietta
Après la mort d’Antonia, Hoffmann fuit à Venise accompagné par Nicklausse. Tous deux profitent des charmes de la ville (la Barcarolle) : le jeu, la boisson… et Giulietta, sulfureuse courtisane dont Hoffmann s’éprend alors qu’il avait juré de ne plus tomber amoureux. La jeune femme travaille secrètement avec le Capitaine Dapertutto ; la première séduit des hommes et leur vole leur reflet à l’aide d’un miroir magique avant de les donner au second, qui les collectionne. Hoffmann se fait lui aussi dérober son reflet mais finit par le récupérer grâce à Nicklausse. Les deux amis quittent précipitamment Venise, laissant derrière eux la courtisane.
Épilogue
On retrouve Hoffmann à la taverne de Luther où il a livré ses trois récits. La soirée s’achève et la troupe du théâtre fait irruption dans la salle. Stella, qui pourrait être l’incarnation des trois femmes (réelles ? Imaginaires ?) qu’il a aimées, est repoussée par la vue d’un Hoffmann ivre et désœuvré et quitte les lieux au bras du conseiller Lindorf. Hoffmann reste seul avec Nicklausse, qui lui révèle alors sa véritable apparence : ce n’est autre que la Muse de la poésie ! Elle console le poète, l’intimant de délaisser les amours terrestres et de ne puiser son inspiration qu’auprès d’elle.
DISTRIBUTION
Direction artistique et musicale : Laurent BRACK
Mise en scène : Ned GRUJIC
Assistante mise en scène : Laura DUPONT
Cheffe de chœur : Véronique FRUCHART
Cheffe de chant : Nathalie DANG
Pianiste accompagnateur : Ferenc VIZI
Hoffmann – ténor : Xavier FLABAT
Olympia – soprano : Maud BESSARD-MORANDAS
Antonia – soprano : Lucie EMERAUDE
Giulietta, la Voix de la tombe – soprano : Laura BAUDELET
La Muse/Nicklausse – mezzo-soprano : Sarah LAZERGES
Lindorf, Coppélius, Dr. Miracle, Cap. Dapertutto – baryton-basse : Andoni ETCHARREN
Spalanzani, Schlémil – ténor : Didier VERDEILLE
Crespel – basse : Gautier JOUBERT
Andrès, Cochenille, Frantz, Pitichinaccio – ténor : Quentin MONTEIL
Maître Luther – basse : Louis NEPVEUX
Nathanaël – ténor : Nicolas CHAUMONT
Chœur et Orchestre : Sein’Opéra
Directrice de production : Mariène GIACOMOTTO
Assistante de production : Madeleine PAUX
Création et régie lumières : Alexandre DELABIE
Avec la participation de l’équipe technique de CourbevoiEvent.
Régisseuse : Lolita DE OLIVEIRA
Stagiaires régie : équipe formée par la Mission Locale Rives-de-Seine — Marine ALLAIS, Alexis BIDON, Lena GONTHIER, Malicka LADELEY, Naomi MEVEL
Décors : Lycée de Prony (Asnières-sur-Seine)
Costumes :
Olympia, Antonia, Giulietta : Lycée Louise Michel (Nanterre)
Solistes hommes : Lycée Polyvalent Jules Verne (Sartrouville)
Chœur des femmes : Lycée Polyvalent Jules Verne (Sartrouville)
Chœur des hommes :
– Conception : Lycée Polyvalent Jules Verne (Sartrouville)
– Réalisation : Atelier couture formé par la Mission Locale Rives-de-Seine — Joséphine BELLANGER, Jade CAILLERET, Elisa JACQUET, Agathe SOZANSKY, Max VAZ
Maquillage : Lycée Vassily Kandinsky (Neuilly-sur-Seine), IFPM — Institut de Formation et Perfectionnement aux Métiers (Nanterre)
Coiffure : IFPM — Institut de Formation et Perfectionnement aux Métiers (Nanterre)
Accueil et promotion : Lycée Paul Painlevé (Courbevoie), Lycée Paul Lapie (Courbevoie)
JACQUES OFFENBACH
Jacques ou Jakob Offenbach, né le 20 juin 1819 à Cologne et mort le 5 octobre 1880 à Paris, est un compositeur et violoncelliste allemand, naturalisé français.
Influencé par son père musicien, Jakob commence le violoncelle à l’âge de 9 ans. En 1833, il entre au Conservatoire de Paris et adopte alors la forme française de son prénom, Jacques. Après le Conservatoire, il obtient un poste permanent de violoncelliste à l’Opéra-Comique. Il y fait une impression favorable sur le compositeur et chef d’orchestre Fromental Halévy, qui lui donne des leçons de composition et d’orchestration. Pour étendre sa renommée, Offenbach entreprend ensuite des tournées en France, en Allemagne et en Angleterre.
La révolution de 1848 freine son élan dans la composition théâtrale ; Offenbach rentre à Cologne avec sa famille. De retour à Paris en 1849, il reprend son travail de violoncelliste et de chef occasionnel à l’Opéra-Comique. Il est remarqué par le directeur de la Comédie-Française qui le nomme directeur musical du théâtre, avec un mandat pour agrandir et améliorer l’orchestre.
Entre 1853 et 1855, Offenbach écrit trois opérettes en un acte et réussit à les monter à Paris. Face à l’impassibilité de l’Opéra-Comique envers ses compositions, il décide de produire ses pièces dans son propre théâtre : d’abord la salle Lacaze sur l’avenue des Champs-Élysées, puis la salle Choiseul. Parmi les membres de son équipe artistique, on retrouve Ludovic Halévy, librettiste, qui collaborera avec lui au cours des 24 années suivantes. Offenbach dirige également les Bouffes-Parisiens ; il y met en scène des œuvres de nombreux compositeurs, dont Léon Gastiel et Léo Delibes.
En 1858, le gouvernement lève les restrictions sur le nombre d’artistes dans les spectacles et Offenbach est enfin en mesure de présenter des travaux plus ambitieux, comme Orphée aux Enfers.
Les années 1860 sont la décennie la plus réussie d’Offenbach. Il reçoit la nationalité française par ordre personnel de Napoléon III puis est nommé Chevalier de la Légion d’honneur. Son seul ballet, Le papillon, est produit à l’Opéra en 1860. Entre 1864 et 1868, Offenbach écrit quatre de ses opérettes les plus connues : La Belle Hélène (1864), La Vie Parisienne (1866), La Grande-Duchesse de Gérolstein (1867) et La Périchole (1868).
En 1870, pour échapper à la guerre franco-prussienne, il s’installe avec sa famille à San Sébastián. La musique d’Offenbach est immanquablement associée à l’ancien régime, lorsque l’empire s’effondre, elle tombe en disgrâce.
Fin 1871, la vie à Paris est redevenue normale et Offenbach met fin à son exil volontaire. Il prend le contrôle du théâtre de la Gaîté en 1873. Souvent endetté par le coût de ses productions, le grand succès de son opéra féérie Le Voyage dans la Lune et une tournée aux États-Unis permettent au compositeur d’éponger une parties de ses dettes.
Animé par la volonté de créer un « opéra sérieux », Offenbach travaille sur l’adaptation d’une pièce de théâtre de Jules Barbier et Michel Carré, Les Contes fantastiques d’Hoffmann, elle-même inspirée de l’écrivain et poète prussien Ernst Theodor Amadeus Hoffmann et de son œuvre. Malheureusement, Offenbach décède avant d’achever son œuvre, laissant derrière lui une partition voix et piano pratiquement complète et un début d’orchestration. Les Contes d’Hoffmann sont achevés par plusieurs compositeurs, ce qui explique qu’il en existe plusieurs versions. La plupart des altérations sont attribuées à son ami Ernest Guiraud, bien que Jean-Christophe Keck, musicologue spécialisé dans l’œuvre d’Offenbach, soulève aujourd’hui que Léo Delibes en a très probablement aussi écrit une partie.
Offenbach meurt à Paris en 1880 des suites d’une insuffisance cardiaque provoquée par la goutte aiguë. Il est enterré au cimetière de Montmartre.
ERNST THEODOR AMADEUS (E.T.A) HOFFMANN
Ernst Theodor Amadeus Hoffmann, né en 1776 à Konigsberg en province de Prusse-Orientale et mort le 25 juin 1822 à Berlin, est un écrivain romantique, compositeur, dessinateur et juriste prussien.
Juriste de formation, Hoffmann sert dans l’administration prussienne de 1796 à 1806, puis de 1814 à sa mort. Également dessinateur et peintre, son indépendance d’esprit et son goût de la satire lui valent à plusieurs reprises de sérieux ennuis auprès de ses supérieurs hiérarchiques, qu’il n’hésite pas à caricaturer.
Mais Hoffmann est surtout célèbre pour ses travaux littéraires. Sous le nom d’ « E.T.A. Hoffmann », il est l’auteur de nombreux contes comme L’Homme au sable, Les Mines de Falun ou Casse-Noisette et le Roi des souris. Il a également publié plusieurs romans, dont son œuvre principale Le Chat Murr.
Également passionné de musique, il abandonne son troisième prénom (Wilhelm) pour celui d’Amadeus en hommage à Mozart, son modèle, et devient critique musical, puis compositeur. Il est ainsi l’auteur de plusieurs opéras — en particulier Ondine, qui est tiré d’un conte de son ami Friedrich de La Motte-Fouqué — ainsi que d’œuvres vocales et instrumentales.
Considéré dès les années 1820 comme l’une des illustres figures du romantisme allemand, il inspire de nombreux artistes en Europe comme dans le reste du monde.
Le compositeur Jacques Offenbach lui rend hommage dans son œuvre Les Contes d’Hoffmann. Son personnage principal est un écrivain et poète, fortement inspiré par E.T.A Hoffmann, et Offenbach écrit son opéra autour de nombreuses références à l’univers du conteur.
L’Acte I (Olympia) est ainsi inspiré par L’Homme au sable ; l’Acte II (Antonia) par Rat Krespel, connu en France sous le nom Le Violon de Crémone ou Le Conseiller Crespel ; l’Acte III (Giulietta) par Les Aventures de la nuit de la Saint-Sylvestre.
On peut également citer le personnage de l’air célèbre « La Légende de Kleinzach » (contraction de « Klein Zaches », « Petit Zachée » ou « Petit Zacharie » en français), une sorte de nain difforme et bossu dont Hoffmann chante l’histoire à la taverne de Maître Luther pour amuser les étudiants dans le Prologue de l’opéra.
Retour en images sur Les Contes d’Hoffmann !
Crédits photos : Stéphane Parphot